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Achat immobilier à l'international : opportunités et précautions à prendre

Par Maxime
6 minutes

Explorer de nouveaux horizons immobiliers : pourquoi acheter à l'étranger ?

L'acquisition d'un bien immobilier hors de nos frontières suscite un intérêt croissant chez les investisseurs français. Poids de la fiscalité, volonté de diversifier son patrimoine, quête de rendements plus élevés ou simple rêve de pied-à-terre sous d'autres latitudes : les motivations ne manquent pas. Cependant, ce marché international, bien que porteur d'opportunités, présente aussi de nombreux écueils spécifiques qu'il convient de bien appréhender avant de sauter le pas.


Où investir ? Panorama des destinations prisées et émergentes

De l'Europe du Sud à l'Asie, en passant par les États-Unis ou les Caraïbes, les choix géographiques sont vastes :

  • L'Espagne, le Portugal et l'Italie : attractivité touristique, coût de la vie modéré, climat agréable et fiscalité parfois avantageuse (statut de résident non habituel au Portugal, exonérations sur les plus-values sous conditions...).
  • Royaume-Uni, Allemagne ou Belgique : marchés stables, sécurité juridique, possibilité de viser tant la résidence principale que l'investissement locatif.
  • Pays d'Europe de l'Est (Hongrie, Bulgarie, Croatie...) : prix au mètre carré attractifs, potentiels de plus-value à long terme, tourisme en développement.
  • États-Unis, Canada : dynamisme économique, facilité d'accès à la propriété pour les non-résidents, nombreux segments d'investissement (urbain, balnéaire, location saisonnière).
  • Thaïlande, Île Maurice, Bali... : destinations exotiques appréciées pour la villégiature et le télétravail, mais impliqueront souvent des droits de propriété limités (bail emphytéotique, sociétés locales...).

À chaque destination ses particularités : la législation, la fiscalité, l'accessibilité aux étrangers ou encore le dynamisme locatif sont à étudier dans le détail.


Les bénéfices potentiels d’un achat immobilier hors de France

  • Diversification patrimoniale : répartir ses avoirs sur plusieurs zones géographiques permet de lisser le risque pays ou de marché.
  • Rendements locatifs parfois supérieurs : dans les zones touristiques ou universitaires, les taux bruts peuvent dépasser 6 % ou 7 %.
  • Résidence secondaire à moindre coût : posséder un pied-à-terre à l’étranger coûte souvent moins cher qu’en France, à surface ou prestations équivalentes.
  • Avantages fiscaux ciblés : certains États proposent des allègements pour attirer les investisseurs étrangers (statut de RNH au Portugal, régimes de taxation particulière à Malte ou en Irlande, etc.).
  • Possibilité de plus-value : un marché immobilier émergent ou en reprise offre une perspective de hausse significative sur la durée.

Néanmoins, ces avantages ne se dissipent que si l'acquéreur prend garde à contourner plusieurs obstacles majeurs spécifiques à l'investissement international.


Principales précautions : sécurité juridique et réglementation locale

Maîtriser le cadre législatif

Chaque pays dispose de règles propres : droit de propriété pour les étrangers, obligation de résidence, types de baux, restrictions foncières, droits de succession, etc. :

  • Propriété pleine ou limitée ? Dans certains pays, l’achat en nom propre n’est pas possible (Thaïlande), ou réservé à certains types de biens (condos, programmes neufs), voire encadré par des quotas.
  • Statut fiscal du non-résident : attention aux doubles impositions ou aux taxes spécifiques pour les étrangers (taxe sur la fortune immobilière, prélèvements spécifiques en Espagne, aux USA...)
  • Risques de faux vendeurs ou de corruption : en dehors de l'Union européenne, la sécurité des transactions et la reconnaissance du titre foncier ne sont pas toujours garanties.
  • Notariat et actes : certains États n'ont pas de corps notarial aussi solide qu'en France. Une expertise juridique locale est alors vivement recommandée.

Accès au financement : pas toujours simple

La plupart des banques françaises n’octroient pas de crédit pour l’achat d’un bien situé à l’étranger. Il est donc souvent nécessaire de :

  • Recourir à un prêt hypothécaire sur un bien situé en France (crédit adossé)
  • Solliciter un établissement local : ce qui suppose un dossier en bonne et due forme, souvent plus complexe, et sollicite parfois un apport plus important (jusqu'à 50 % du prix du bien selon le pays).

Les taux, modalités et pénalités de remboursement anticipé diffèrent fortement d’un pays à l’autre. Il est impératif d’étudier ces aspects avant tout engagement.


Fiscalité : à ne pas sous-estimer !

Posséder un bien à l'étranger expose à deux conséquences majeures :

  • La fiscalité du pays d’accueil : impôts locaux, taxe foncière, impôt sur les loyers ou la plus-value à la revente, taxes spécifiques…
  • Le traitement fiscal en France : en tant que résident fiscal français, vous devez déclarer l’existence de ce patrimoine (revenus locatifs, plus-value, valeur à l’IFI). Les conventions fiscales évitent souvent la double imposition, mais il faudra bien s’informer pour bénéficier des crédits ou exonérations éventuelles.

Des fiscalistes spécialisés dans l’investissement international ou dans votre pays-cible sauront vous renseigner sur les pièges courants (prélèvements sociaux, modalités de déclaration, rumeurs de durcissement réglementaire…)


Bien acheter : la méthodologie gagnante

  1. Visitez toujours sur place : ne signez rien à distance sans avoir vu le bien, étudié son environnement, évalué la dynamique du quartier et la réalité du marché locatif.
  2. Faites-vous accompagner : sollicitez un agent ou avocat local indépendant, idéalement francophone, qui maîtrise la législation, peut vous assister pour la traduction des actes et repérer les fraudes potentielles.
  3. Vérifiez le titre de propriété et l’absence de dettes : dans certains pays, des hypothèques ou charges impayées « s’attachent » au bien.
  4. Négociez le prix et les conditions : les marges de négociation varient selon la conjoncture locale. Prenez le temps d’observer, demander, comparer.
  5. Prévoyez tous les coûts annexes : frais de notaire ou d’avocat, taxes, frais de copropriété, gestion locative locale, changement de devise (et frais bancaires associés).
  6. Anticipez la revente : les conditions de cession peuvent être complexes (délai de détention, taxation des plus-values, transfert de fonds hors du territoire...).

Gestion et location à l'étranger : points clés

  • Pensez à la gestion à distance : utilisez les agences locales spécialisées ou des plateformes fiables pour sécuriser la gestion locative, le suivi des paiements et l’entretien du bien.
  • Mise en location saisonnière ou à l'année : renseignez-vous sur la réglementation locale (quotas, licences, taxes touristiques, interdictions dans certains immeubles ou quartiers...)
  • Contractualisez tout : bail, état des lieux, cautions : faites traduire les documents avec des clauses qui vous protègent en cas de litige à l’international.
  • Assurances : souscrivez une police adaptée aux risques du pays (catastrophes naturelles, vandalisme, défaut de paiement, etc.).

FAQ pratique sur l'achat immobilier à l'international

L'achat "sur plan" ou en VEFA à l'étranger est-il risqué ?

Oui, plus encore qu’en France. Solvabilité du promoteur, absence de garanties décennales ou de livraison, législation floue sur les retards de livraison, pièges sur la qualité finale… privilégiez des acteurs identifiés et méfiez-vous des promesses trop alléchantes.


Comment transférer et sécuriser les fonds ?

Utilisez toujours un canal officiel (compte séquestre notarial ou avocat, banque agréée), pour éviter blanchiment ou arnaque. Certains pays imposent un transfert de l’étranger pour enregistrer officiellement la transaction.


Peut-on acheter en indivision ou via une société ?

Oui, mais la structuration (SCI, SARL, société locale, trust…) doit être conforme tant à la loi locale qu’à la réglementation française : succession, fiscalité, droits de vote, responsabilité. L’accompagnement par un notaire/fiscaliste connaissant bien les deux pays est crucial.


Quelles sont les stratégies pour optimiser la fiscalité de la revente ?

L’arbitrage entre plus-value, convention fiscale, choix du moment fiscal, ou cession via société est à étudier au cas par cas.


Bonnes pratiques et erreurs à éviter

  • Ne jamais signer à distance sans accompagnement : attention aux fraudes, fausses annonces ou intermédiaires peu scrupuleux.
  • Bien calculer la rentabilité nette : incluez tous les frais, y compris la fiscalité en France, pour éviter les mauvaises surprises.
  • Méfiez-vous des « pays trop faciles » : là où la paperasserie paraît absente, c’est souvent la sécurité du titre ou de la transaction qui pose problème.
  • Vérifiez les contrats et traductions : les clauses peuvent, à votre insu, limiter vos droits.
  • Assurez-vous de la stabilité politique et économique : le risque-pays influe sur la valeur et la liquidité de votre bien.

En résumé : réussir son achat immobilier international

  1. Analysez soigneusement la législation et la fiscalité du pays cible.
  2. Entourez-vous de professionnels locaux (avocat, agent immobilier, expert-comptable).
  3. Visitez, vérifiez le bien et les documents, examinez l’environnement.
  4. Avalisez le financement et prévoyez la gestion à distance (locative, administrative, fiscale).
  5. N’anticipez pas uniquement le rêve, mais également la revente à terme, la fiscalité latérale et les coûts cachés.

Pour retrouver guides pas à pas, listes des pays ouvrant leur marché aux étrangers, benchmarks de rentabilité locative ou modèles d’actes bilingues, rendez-vous sur immo-pratique.fr. Nos experts vous accompagnent pour faire rimer ouverture internationale et sécurité patrimoniale.

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