Financement

Prêt à taux zéro : fonctionnement et conditions d’accès

Par Maxime
6 minutes

Faciliter l'accession à la propriété grâce au prêt à taux zéro

En France, devenir propriétaire reste un objectif fort, mais franchir le cap n’est pas toujours simple, notamment pour ceux qui achètent pour la première fois. Pour encourager l’accession à la propriété, l’État a mis en place un dispositif d’emprunt aidé : le prêt à taux zéro (PTZ). Ce mécanisme, réservé sous certaines conditions, permet d’alléger le coût global d’un achat immobilier neuf ou ancien avec travaux. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le fonctionnement du PTZ, son public concerné, son montant, ses démarches et les pièges à éviter pour profiter au mieux de cette aide précieuse.

Le prêt à taux zéro : définition et principe

Le PTZ est un crédit immobilier octroyé sans intérêt ni frais de dossier, accordé sous conditions de ressources et destiné à financer en partie l’achat d’une résidence principale. Il ne s’agit pas d’un prêt global mais d’un complément, utilisable en parallèle d’un crédit immobilier classique et d’un apport personnel potentiel.

L'objectif du PTZ est double : faciliter l’accession à la propriété pour les foyers modestes ou intermédiaires et soutenir le marché immobilier, notamment dans les zones « tendues » où la demande reste forte.

À qui s’adresse le PTZ ?

Le prêt à taux zéro cible prioritairement les primo-accédants, autrement dit les personnes n’ayant pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédant la demande. Toutefois, il existe des exceptions pour les titulaires de certaines cartes d’invalidité ou ceux ayant subi une catastrophe rendant leur logement inhabitable.

Conditions d’éligibilité :

  • L’acquéreur (et l’ensemble du foyer) ne doit pas avoir été propriétaire de sa résidence principale depuis deux ans.
  • Le PTZ doit financer l’achat de la résidence principale (occupation au moins 8 mois par an).
  • Le montant des revenus fiscaux de référence du foyer ne doit pas excéder certains plafonds, qui varient selon la composition familiale et la localisation géographique du futur logement.

Quels types de biens sont concernés ?

La nature du logement impacte la possibilité de bénéficier du PTZ.

  • Logements neufs : L’achat d’un bien neuf ou en état futur d’achèvement (VEFA) ou la construction de maison individuelle sont éligibles.
  • Ancien avec travaux : Dans certaines zones, il est possible d’obtenir un PTZ pour un logement ancien, à condition de réaliser des travaux représentant au moins 25 % du montant total de l’opération (travaux d’amélioration ou de remise aux normes).
  • Transformation : La transformation d’un local (bureau, grange, commerce…) en habitation principale peut aussi ouvrir droit au PTZ.

Plafonds de ressources et zones éligibles

L’accès au prêt à taux zéro dépend principalement des revenus du foyer et de la zone géographique du projet.


Les zones A, B1, B2 et C

  • Zone A : Paris, proche banlieue et Côte d’Azur.
  • Zone B1 : grandes agglomérations et une partie du littoral.
  • Zone B2 : villes moyennes et grande couronne.
  • Zone C : autres communes.

Les plafonds de revenus et la part finançable par le PTZ varient selon ces zones et selon la taille du foyer. À titre d’exemple, pour une famille de 4 personnes achetant en zone A, le plafond de ressources est supérieur à celui d’une famille de taille identique en zone C.

Tableau indicatif des plafonds de revenus (2024)

  • Zone A : jusqu’à 37 000 € par part
  • Zone B1 : jusqu’à 30 000 € par part
  • Zone B2 : jusqu’à 27 000 € par part
  • Zone C : jusqu’à 24 000 € par part

Pour connaître précisément vos droits, utilisez les simulateurs officiels ou consultez la page dédiée sur service-public.fr.

Calcul et modalités du PTZ : montant, durée, remboursement

Le montant du prêt à taux zéro dépend de plusieurs facteurs :

  • Le coût total de l’opération immobilière (dans la limite de plafonds réglementaires).
  • La zone géographique du bien.
  • La composition et les revenus du foyer.
  • Le type de bien (neuf ou ancien, avec ou sans travaux).

Montant du PTZ

  • En général, le PTZ peut financer entre 20 % et 40 % du coût du bien (hors frais de notaire, taxes et frais d’agence), selon la zone et la nature du logement.
  • Montant maximum possible en 2024 : jusqu’à 100 000 € pour certains profils et certaines opérations.

Durée et différé de remboursement

Le PTZ est conçu pour alléger les charges du ménage lors de la première phase d’accession. Il comprend ainsi deux périodes distinctes :

  1. Le différé : Pendant 5, 10 ou 15 ans selon les revenus, aucun remboursement n’est exigé sur le PTZ (seul le prêt principal est à rembourser sur cette période).
  2. Le remboursement : À l’issue du différé, le PTZ fait l’objet de remboursements mensuels, généralement sur une durée allant de 10 à 15 ans, en fonction de la capacité d’emprunt du foyer.

Démarches pour obtenir le PTZ

La demande de prêt à taux zéro s’effectue en parallèle de la demande de prêt immobilier principal. Voici les grandes étapes :

  • Constitution du dossier : Fournir les pièces justificatives (avis d’imposition, justificatif de domicile, etc.) et les documents relatifs au projet immobilier (compromis, devis travaux si nécessaire).
  • Dépôt auprès de la banque : Toutes les banques ne proposent pas le PTZ : rapprochez-vous d’un établissement partenaire prêt à instruire le dossier.
  • Instruction et accord de prêt : La banque vérifie l’éligibilité, apprécie la solvabilité et intègre le PTZ dans le plan de financement du projet.
  • Signature de l’offre : Après accord, le PTZ est lié au prêt principal et mobilisé en même temps chez le notaire.

Il est recommandé de comparer les différentes offres et de solliciter un courtier si besoin pour optimiser le plan de financement global.

Avantages et points d’attention à connaître

Points forts du PTZ

  • Aucune charge d’intérêt ni frais de dossier sur la portion financée.
  • Permet d’augmenter sa capacité d’achat ou de s’offrir une meilleure localisation ou un logement plus grand.
  • Remboursement progressif et différé utile pour stabiliser le budget en début de parcours.
  • Possible cumul avec d’autres prêts aidés (Action Logement, épargne logement, prêts locaux…).

Limitations à surveiller

  • Le PTZ ne finance pas la totalité du projet (obligation de compléter par un prêt principal ou un apport personnel).
  • Les modalités du dispositif changent régulièrement (plafonds, zones, critères). Il faut donc vérifier son éligibilité avant de planifier le projet.
  • En cas de revente anticipée du logement ou de changement d’affectation (location, résidence secondaire), le PTZ peut être immédiatement exigible.
  • Le PTZ n’est accordé qu’une seule fois, sauf exceptions.

Foire aux questions pratiques

Le PTZ est-il vraiment intéressant pour tous ?

Non, il reste particulièrement adapté aux primo-accédants avec des revenus modestes ou intermédiaires. Pour des achats dans le haut de gamme ou en l’absence de travaux dans l’ancien, le PTZ n’est pas applicable.


Puis-je louer le logement acquis avec un PTZ ?

En principe, il doit rester votre résidence principale pendant au moins 6 ans. Il existe des cas d’exception (mobilité professionnelle, divorce, chômage de longue durée, invalidité), mais louer le bien de façon prématurée expose à devoir rembourser immédiatement le capital restant dû.


Que se passe-t-il en cas de revente avant la fin du prêt ?

En cas de revente anticipée, le PTZ restant doit généralement être remboursé intégralement, sauf en cas d’événements autorisés par la réglementation.


Le PTZ est-il cumulable avec d'autres aides ?

Oui, il peut être complété par d’autres dispositifs selon la situation : prêt conventionné, prêt action logement, prêts des collectivités locales, éco-prêt à taux zéro pour les travaux de rénovation énergétique, etc.


Résumé : les clés à retenir pour profiter du prêt à taux zéro

  1. Vérifiez votre statut de primo-accédant et évaluez votre éligibilité grâce aux plafonds de ressources et à la nature du bien.
  2. Anticipez précisément le montant potentiel du PTZ, dans les limites réglementaires, et intégrez-le à votre plan de financement.
  3. N’hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel du crédit ou un notaire, étape par étape.
  4. Conservez tous les justificatifs, respectez l’usage principal du bien et informez-vous avant toute volonté de revente ou de mise en location.
  5. Consultez régulièrement les évolutions des dispositifs sur les sites officiels comme immo-pratique.fr ou service-public.fr pour ne rien manquer des réformes à venir.

Conseil pratique : Un projet immobilier ne s’improvise pas. Avant de vous engager, simulez votre plan de financement, questionnez plusieurs banques et gardez une trace de toutes les conditions proposées. Toute l’équipe d’immo-pratique.fr vous propose guides, simulateurs et aides personnalisées pour faire du PTZ le tremplin idéal vers votre résidence principale.

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