Gestion locative

Répondre efficacement aux demandes de travaux des locataires

Par Maxime
6 minutes

Savoir traiter les sollicitations des locataires : un enjeu majeur de la gestion locative

La relation entre propriétaires bailleurs et locataires dépasse de loin la simple remise des clés. Un des points cruciaux d’une gestion locative sereine concerne la gestion efficace des demandes de travaux ou réparations. Quelle est la bonne posture pour réagir rapidement et de manière professionnelle à ces sollicitations ? Quels sont les droits et devoirs de chacun ? Méthodologie, outils, responsabilités : suivez le guide pour transformer chaque demande de travaux en opportunité de renforcer la confiance et la valeur de votre bien.


Repérer et qualifier la nature des travaux réclamés

Dès la réception d'une demande, la première étape consiste à bien en comprendre la portée. Il existe plusieurs types de sollicitations : travaux urgents (fuite d’eau, panne de chauffage en hiver...), réparations courantes (robinetterie, volet bloqué, électroménager en panne) ou améliorations souhaitées (pose de volets roulants, changement de revêtement de sol...).


  • Urgence vitale : une fuite d’eau, une coupure de chauffage en hiver ou une installation électrique défectueuse.
  • Entretien courant : remplacement de joints, réparation de chauffe-eau, petite serrurerie.
  • Demande d’amélioration du confort : intervention non obligatoire mais souhaitée par le locataire, souvent à sa charge.

Prenez systématiquement le temps de demander des précisions : nature détaillée du problème, conséquences sur l’usage du logement, date d’apparition. Les photos ou vidéos envoyées par le locataire sont un atout important pour évaluer la gravité.


Connaître les obligations légales : une clé pour agir vite

Le cadre légal est le fil conducteur pour distinguer les réparations à la charge du bailleur ou du locataire. Selon la loi (articles 6 et 7, loi du 6 juillet 1989), le propriétaire doit fournir un logement décent, veiller à l’entretien des équipements essentiels et effectuer toutes les grosses réparations, tandis que le locataire prend en charge l’entretien courant.


  • À la charge du propriétaire : réparations importantes, vétusté, renouvellement des équipements hors d’usage (chaudière, fenêtre, toiture...).
  • À la charge du locataire : petites réparations d’usage, entretien régulier, dégâts causés par sa négligence ou ses invités.

Le décret n°87-712 du 26 août 1987 détaille cette répartition. S’y référer prévient de nombreux litiges et facilite la justification de vos décisions auprès des locataires.


Adopter une méthode de réponse structurée

Une gestion efficace repose sur la réactivité et la traçabilité. Voici une procédure à suivre :


  1. Accuser réception sans délai : Dès que la demande vous parvient (mail, téléphone, plateforme de gestion), confirmez que celle-ci est bien prise en compte. Un simple accusé de réception évite l’anxiété du locataire.
  2. Qualifier la demande : Demandez, si besoin, des compléments d’information ou des photos.
  3. Appliquer la répartition légale : Identifiez qui doit prendre en charge l’intervention. Argumentez avec référence à la loi si vous refusez une prise en charge.
  4. Proposer une solution concrète : Prenez rendez-vous avec un artisan, transmettez les coordonnées pour intervention, ou indiquez la marche à suivre si le locataire doit réaliser lui-même la réparation.
  5. Confirmer par écrit : Rédigez systématiquement une trace écrite de l’organisation choisie et des délais prévus (mail de confirmation, lettre simple ou recommandée).
  6. Suivre jusqu’à résolution effective : Validez que l’intervention a bien eu lieu et que le problème est résolu à la satisfaction du locataire.

Cette structuration réduit le risque de litiges, accélère le dénouement des situations et valorise votre professionnalisme.


Gestion des urgences : comment réagir rapidement ?

Face à une situation d’urgence (fuite, coupure totale d’eau, d’électricité, chauffage en hiver, panne de VMC dans un logement humide), la loi impose au bailleur d’agir sans délai :


  • Contactez immédiatement une entreprise compétente, même si un devis ne peut être établi tout de suite. 
  • Tenez le locataire informé de chaque étape (date et heure d’intervention, consignes en attendant l’arrivée de l’artisan).
  • En cas de non intervention, le locataire est en droit d’engager une réparation d’urgence « à vos frais » après vous avoir mis en demeure sans succès.

Prévoir en amont un carnet d’adresses d’intervenants fiables accélère nettement la prise en charge.


Non-urgence : anticipation et dialogue

Pour les demandes moins pressantes (ajustements, maintenance, confort), échangez avec votre locataire sur les délais possibles et arbitrez selon la rentabilité, l’état du bien, et la relation de confiance établie. Étalez sur l'année certains travaux non vitaux pour votre trésorerie, en informant clairement des échéances d’intervention.


Outils de gestion moderne : digitalisation et suivi

  • Plateformes de gestion locative en ligne : Elles permettent la remontée et le suivi centralisé des demandes (Ruban, Lockimmo, Gererseul...).
  • Messageries dédiées : Un canal email ou une application de suivi (WhatsApp professionnel, Slack, etc.) fluidifie le dialogue.
  • Tableau de suivi partagé : Un simple tableur Google Sheet récapitulant « date-demande-intervention-résolution » peut suffire pour les petits patrimoines.

L’enregistrement des échanges limite les oublis, documente chaque étape et sécurise juridiquement en cas de litige.


Communiquer efficacement : le secret d’une relation saine

Montrez-vous toujours courtois et transparent. Un locataire informé, qui sent que sa demande est prise au sérieux, se montre beaucoup plus patient et compréhensif des éventuels délais d’intervention.


  1. Expliquez chaque décision : Pourquoi une intervention est différée, ou pourquoi certains travaux ne relèvent pas du bailleur.
  2. Transmettez les justificatifs : (factures, devis, courriers, extraits de texte de loi)
  3. Prévenez de chaque étape : Date de visite, délai de commande de matériel, accident d’agenda d’un artisan.

L’écoute et la pédagogie apaisent la majorité des tensions.


Prévenir les demandes excessives ou infondées

  • Relisez attentivement l’état des lieux : Beaucoup de demandes relèvent en réalité de l’usure normale.
  • Sensibilisez le locataire à l’entretien courant : Une fiche de « bonnes pratiques » fournie à l’entrée réduit les sollicitations abusives (aération, nettoyage des siphons, vidange de ballon d’eau chaude...)
  • Cadrez la relation en amont : Rappelez en début de bail la procédure pour toute demande et la distinction entre gros travaux, réparations courantes et améliorations.

Zoom sur la prise en charge financière et l’avance de frais

Certains travaux ou réparations urgentes peuvent, à juste titre, être avançés par le locataire s’il est en présence d’un danger manifeste et d’une carence du bailleur après une « mise en demeure ». Dans ce cas, il peut exiger le remboursement sur justificatif. À l’inverse, le bailleur peut refuser de rembourser une intervention commandée sans son accord préalable hors urgence manifeste.


Les pièges à éviter pour les bailleurs

  • Négliger une demande : Un mail qui s’égare, un SMS perdu, et c’est la voie ouverte à la dégradation du bien, voire à un conflit juridique.
  • Assumer à tort certaines réparations : Connaître le décret d’attribution des charges permet de ne pas se voir imposer des travaux qui devraient être assumés par le locataire.
  • Manquer de transparence : Une absence de réponse ou un refus non argumenté génèrent frustration et contentieux.

FAQ pratique – Réponses rapides aux situations fréquentes

Mon locataire signale une fuite sous l’évier : qui doit intervenir ?

Si la fuite provient d’un joint d’usure ou d’un siphon simplement désserré, la réparation est à la charge du locataire. Si un tuyau vétuste éclate ou si l’ensemble est à remplacer, la charge revient au propriétaire.


Le locataire demande le remplacement d’un équipement vieillissant (volets, plan de travail, électroménager) : dois-je accepter ?

Si l’équipement est fonctionnel et conforme, aucun remplacement n’est imposé. S’il devient dangereux, non réparable ou indécent, le bailleur doit agir.


Combien de temps ai-je pour effectuer un gros travail ?

La loi ne fixe pas toujours un délai précis, mais parle de « délai raisonnable ». L’urgence (chauffage, sanitaire, sécurité) impose une action immédiate, les autres interventions peuvent être planifiées sous 30 à 60 jours.


Checklist : adopter les bons réflexes au quotidien

  1. Répondez à toute demande sous 48h, même pour accusé réception.
  2. Documentez chaque échange : photo, email, sms.
  3. Arbitrez la prise en charge selon les textes de loi et l’état des lieux d’entrée.
  4. Orientez le locataire vers un professionnel compétent avec suivi du dossier.
  5. Vérifiez la résolution du problème et demandez confirmation de satisfaction au locataire.
  6. Prévoyez un plan d’entretien annuel du bien pour éviter les urgences coûteuses.

En conclusion : transformer la gestion des demandes de travaux en atout

  1. La réactivité et la clarté de vos communications sont la clé d’une gestion locative apaisée.
  2. Connaître précisément les règles de répartition des charges vous protège des abus tout en garantissant le respect de vos obligations.
  3. Privilégier la prévention et l’anticipation permet de réduire le volume des demandes et d’optimiser la qualité du patrimoine immobilier.

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