Marché & tendances

Les grandes évolutions du marché immobilier en 2024 : ce qu’il faut retenir

Par Maxime
6 minutes

Une année charnière pour la pierre : tendances et ruptures sur le marché immobilier en 2024

Le marché immobilier français a entamé 2024 dans un contexte d’incertitude mêlée de renouveau : taux d’intérêt mouvants, redéfinition des dynamiques urbaines et transformation des attentes des acheteurs bouleversent la donne. À travers cet article, notre rédaction livre une synthèse des grandes évolutions à retenir, afin d’anticiper, de comprendre et d’agir sur ce marché en mutation profonde.


Des taux d’intérêt en net ralentissement : respiration ou tendance de fond ?

Après deux années de remontée continue, les taux d’intérêt des crédits immobiliers montrent en 2024 des signes d’accalmie. Les offres bancaires oscillent désormais généralement entre 3,5 % et 4 % sur 20 ans, avec parfois des décotes locales pour les meilleurs profils. Conséquence directe :

  • Un léger retour de primo-accédants séduits par la perspective d’un plateau tarifaire ;
  • Une capacité d’emprunt stabilisée, limitant cependant la marge de manœuvre pour les budgets modestes ;
  • De nouveaux arbitrages sur la qualité du bien : les ménages alignent leurs critères (surface, localisation, travaux) sur leur plan de financement réel.

Les banques restent toutefois sélectives : stabilité professionnelle, apport minimum et taux d’endettement sous les 35 % demeurent la norme pour obtenir un feu vert. Pour contourner les refus, de plus en plus d’acheteurs recourent au courtage et à la comparaison scrupuleuse des assurances emprunteurs.

Baisse mesurée des prix : une correction à géométrie variable

Contrairement aux projections pessimistes, la baisse des prix amorcée fin 2023 n’a pas viré à l’effondrement généralisé. La situation est contrastée :

  • En zone rurale ou périurbaine, les baisses atteignent parfois 8-12 %, conséquence de la fin de l’exode urbain post-confinement et du retour aux fondamentaux (proximité des bassins d’emploi, mobilité, services).
  • Dans les métropoles, Paris en tête, les ajustements sont plus modérés (-3 à -5 % en un an), mais affichent une large hétérogénéité d’un arrondissement ou d’un quartier à l’autre.
  • Les petites villes dynamiques et les stations balnéaires, très recherchées pour la résidence secondaire ou le télétravail, échappent partiellement à ce mouvement, conservant une demande soutenue.

Cette correction, jugée saine par de nombreux observateurs, contribue à remobiliser certains acheteurs, mais n’annule pas la tension : l’offre de logements mis en vente reste structurellement basse dans les secteurs attractifs.


Résidentiel, locatif, neuf : les segments en recomposition

2024 marque aussi un changement radical selon le type de bien et de projet.


Loi sur le logement, normes environnementales : le neuf en question

La filière du neuf subit de plein fouet la conjonction de normes énergétiques renforcées (RE2020), de la raréfaction des permis de construire et de la difficulté de financement des promoteurs. Conséquences :

  • Les ventes de logements neufs s’effondrent (baisse de 30 % des réservations sur certains marchés selon le ministère du Logement)
  • Les prix restants élevés du fait du coût des matériaux et de la main d’œuvre
  • Délais plus longs pour les chantiers, multiplication des “passoires administratives”

Pour les investisseurs et accédants, le neuf, souvent synonyme de prix élevés, devient une niche, sauf en zones fortement tendues ou pour des primo-accédants éligibles à certains dispositifs (PTZ, Pinel, logements sociaux).

Location et gestion locative : encadrement renforcé, arbitrages nouveaux

Avec la généralisation des interdictions de louer les logements énergivores (étiquette G progressivement étendue à F puis E), la mise aux normes énergétiques devient une priorité pour tout bailleur. Cela se traduit par :

  • Un surcroît d’offres en location pour les biens bien notés sur le plan énergétique
  • Des opportunités à saisir pour les investisseurs capables de financer des rénovations “clés”
  • Un mouvement de vente forcée de certains biens non conformes, qui alimentent le marché de l’ancien à rénover

L’encadrement des loyers, désormais étendu à une quinzaine de grandes villes, impose aussi un nouvel équilibre : les investisseurs calculent leur rendement net en intégrant de façon encore plus stricte charges, fiscalité et perspectives de plus-value ou de revente.

Le retour de la négociation : stratégies gagnantes pour acheteurs et vendeurs

La période “d’euphorie” 2020-2022 où chaque annonce siphonnait une dizaine d’offres en quelques heures est bel et bien révolue. Désormais :

  • Les vendeurs doivent accepter de redescendre leur prix de 5 à 10 % par rapport à 2022 pour déclencher des visites effectives
  • Les acheteurs scrutinise l’état général, les diagnostics, la performance énergétique et négocient la prise en charge de travaux
  • Les délais de transaction s’allongent, donnant le temps à chaque partie de peaufiner ses conditions

Le marché redevient rationnel et les professionnels, notaires et agents, recommandent de soigner ses dossiers (présentation, financement, projet clair) pour se démarquer.


Habitat, attentes et innovations : de nouveaux critères émergent

L’année 2024 conforte les évolutions déjà perceptibles depuis la crise sanitaire :

  • Rationalisation des espaces : recherche de surfaces modulables, d’une pièce en plus pour télétravailler, voire de logements évolutifs.
  • Priorité à la performance énergétique : les logements avec une classe DPE A, B (voire C) se négocient rapidement, alors que les passoires thermique voient leur prix chuter et se retrouvent souvent invendus plusieurs mois.
  • Accès aux extérieurs : balcon, terrasse, jardin ou simple loggia deviennent des critères majeurs, même en ville.
  • Proximité des commodités : services publics, transports durables, commerces de proximité jouent pour partie contre l’étalement urbain.

Les portails d’annonces et agences voient émerger un nouveau type de filtre, axé sur l’éco-responsabilité et la capacité à “vivre sans dépendre de la voiture”.

Fiscalité, aides et dispositifs : ce qui change (et ce qui reste)

Le paysage réglementaire reste mouvant : entre réforme du Prêt à Taux Zéro (restreint à certaines zones) et recentrage du dispositif Pinel sur les logements les plus vertueux, les opportunités pour les investisseurs et primo-accédants sont à étudier au cas par cas.


Disparition progressive de certains avantages

  • Pinel recentré : seuls les logements neufs très performants ou “verts” bénéficient encore des meilleurs taux de défiscalisation.
  • Prêt à Taux Zéro (PTZ) réduit : l’enveloppe cible principalement les acquisitions en zones tendues et pour les ménages modestes.
  • Primes à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov’, CEE, etc.) maintenues mais souvent réorientées ou plafonnées, obligeant à bien anticiper ses travaux.

La fiscalité locative se tend (hausse du prélèvement à la source, fin de certains abattements) et invite à étudier les montages types LMNP, SCI ou régime réel au cas par cas.

FAQ pratique : vos questions sur le marché immobilier en 2024

Peut-on espérer une baisse prononcée des prix dans les grandes villes d’ici la fin de l’année ?

Aujourd’hui, les observateurs tablent sur une baisse modérée et localisée. Les quartiers très recherchés résistent, tandis que les zones moins centrales voient davantage de correction. La baisse générale, sauf bouleversement macroéconomique, reste lente.

Les taux peuvent-ils remonter brusquement ?

La tendance est plutôt à la stabilisation des taux. Les banques centrales surveillent l’inflation de près, mais la demande restera bridée tant qu’il n’y aura pas de nouvel élan économique.

Faut-il rénover avant de louer ou vendre ?

Oui, surtout sur le plan énergétique : un logement “mal classé” (E, F, G) se vend mal, se loue difficilement et risque bientôt d’être purement interdit à la location. Investir dans l’isolation, le chauffage ou les fenêtres reste rentable.

Le neuf va-t-il redevenir abordable ?

Difficile à court terme. Les coûts réglementaires et de construction ne devraient pas baisser sensiblement. Seules des aides publiques ou un relâchement sur la fiscalité pourraient changer la donne.

Conseils pratiques pour tirer son épingle du jeu en 2024

  • Préparez vos dossiers (financement, preuves de solvabilité, plans de travaux) avant chaque visite ou offre.
  • Comparez les biens non seulement sur le prix mais sur la classe de performance énergétique, les charges, l’état technique et l’emplacement.
  • Ne négligez pas l’aide de professionnels (notaires, courtiers, diagnostiqueurs) pour sécuriser chaque étape et éviter les mauvaises surprises.
  • Restez à l’affût des aides : consultez les sites officiels ou guides spécialisés pour actualiser vos droits (MaPrimeRénov’, subventions locales, PTZ, etc.).
  • Soignez l’entretien de votre bien : une petite rénovation peut faire la différence sur un marché où les exigences sont de plus en plus strictes.

En synthèse : marché en mouvement, mode d’emploi pour s’adapter

  1. La respiration sur les taux et la correction des prix redistribuent les cartes, sans provoquer de choc majeur.
  2. L’énergie, l’efficience du logement et la localisation font désormais la loi.
  3. Accédants et investisseurs doivent préparer leurs dossiers avec rigueur et s’informer en continu.
  4. La patience et l’agilité sont récompensées : négociez, comparez et anticipez les évolutions réglementaires pour réussir votre projet immobilier en 2024.

Conseil pratique : consultez les dossiers spéciaux “marché immobilier” et nos benchmarks sur immo-pratique.fr pour suivre les tendances locales, les meilleures stratégies et tous les tutoriels pratiques adaptés à l’année 2024. 

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