Location

Bail mobilité : à qui s’adresse-t-il et quelles conditions ?

Par Maxime
6 minutes

Une réponse innovante pour la mobilité locative en France

Face à la précarité croissante des parcours résidentiels et à la révolution des modes de vie (étudiants, salariés nomades, stagiaires, formation continue…), la France a introduit un outil locatif spécifique : le bail mobilité. Souple et sans dépôt de garantie, il vise à accompagner les besoins temporaires de logement, notamment dans les grandes villes où l’offre de location classique peine souvent à s’ajuster à la mobilité des jeunes actifs et des étudiants.
Décryptage détaillé d’une formule qui séduit à la fois locataires et bailleurs grâce à sa simplicité… mais qui reste très encadrée par la loi.


Définition et cadre légal du bail mobilité

Le bail mobilité est un contrat de location de courte durée, créé par la loi ÉLAN du 23 novembre 2018. Il s’adresse exclusivement aux logements meublés, avec une durée allant de 1 à 10 mois maximum, non renouvelable ni reconductible.
Ce type de bail se démarque par deux grands principes : la simplicité contractuelle (pas de dépôt de garantie, formalités allégées) et un accès réservé à certains profils précisément déterminés par la réglementation.


À qui le bail mobilité est-il destiné ?

Ce dispositif ne s’adresse pas à tout public. Le bail mobilité cible spécifiquement les personnes en situation de mobilité—c’est-à-dire confrontées à un besoin temporaire de logement lié à leur situation professionnelle ou universitaire.
Pour être éligible, le futur locataire doit obligatoirement être dans l’un de ces cas (au moment de la signature) :

  • En formation professionnelle ;
  • En études supérieures ;
  • En contrat d’apprentissage ;
  • En stage ;
  • En engagement volontaire dans le cadre d’un service civique ;
  • En mutation professionnelle ;
  • En mission temporaire dans le cadre de son activité professionnelle.

À noter : l’état de mobilité doit être attesté et mentionné explicitement dans le contrat.


Logement et bailleurs concernés

Le bail mobilité concerne exclusivement les logements meublés, c’est-à-dire dotés de l’ensemble des équipements fixés par décret (literie, table, chaises, ustensiles de cuisine, etc.).
Il peut être proposé par toute personne physique ou morale (propriétaire individuel, société civile immobilière, organisme public), y compris en colocation, tant que le locataire répond aux critères de mobilité précités.


Caractéristiques principales du bail mobilité

  • Durée : de 1 à 10 mois maximum. Le bail ne peut être ni renouvelé ni reconduit.
  • Absence de dépôt de garantie : le bailleur ne peut exiger aucun dépôt à la signature. Seule une assurance peut être demandée au locataire (généralement la garantie Visale).
  • Loyer : il est librement fixé, sauf dans les zones dites “tendues” où l’encadrement des loyers s’applique. Les charges peuvent être incluses dans un forfait.
  • Préavis : le locataire peut quitter le logement à tout moment avec un préavis de seulement un mois (par lettre recommandée, courrier électronique avec accusé de réception ou remise en main propre contre émargement).
  • Pas de clause de solidarité : En cas de colocation, la règle de solidarité entre colocataires ne s’applique pas, chaque occupant est responsable uniquement de sa propre quote-part.

Procédure de signature et justificatifs à réunir

Le bail doit impérativement mentionner :

  • La raison du recours au bail mobilité pour le locataire (preuve d’inscription en formation, attestation de stage, lettre de mission, etc.)
  • La durée précise du contrat
  • L’inventaire complet des meubles présents
  • Le montant du loyer et la liste des charges (le cas échéant, forfaitisées)
  • L’absence de dépôt de garantie explicitement rappelée
  • Les références du diagnostic technique (DPE, amiante, plomb, électricité/gaz si nécessaire)

Avantages du bail mobilité pour le locataire

  • Grande flexibilité : possibilité de partir à tout moment, sans motif et avec un préavis réduit.
  • Coût initial limité : pas de dépôt de garantie à avancer (sauf parfois paiement du premier loyer d’avance).
  • Logement prêt à vivre : le niveau d’équipement exigé dans un meublé sous bail mobilité garantit un minimum de confort.
  • Procédure simplifiée : le bail est léger, adapté à une installation express (parfait pour des stages de quelques mois, périodes de mission ou le début d’une année universitaire).
  • Sécurité de la garantie Visale : la garantie locative Visale d’Action Logement couvre gratuitement les impayés, pour tous les publics concernés (souvent exigée par le bailleur en l’absence de dépôt de garantie).

Atouts pour le bailleur

  • Louer sans risque d’immobilisation : idéal si vous souhaitez disposer du logement rapidement (par exemple entre deux locations classiques, en attente d’une vente, ou pour utilisation personnelle à moyen terme).
  • Régime plus souple que la location meublée traditionnelle : pas d’engagement sur plusieurs années, moins de contraintes sur le plan des motifs de reprise.
  • Garantie de paiement : la garantie Visale minimise le risque d’impayés, même chez les publics précaires ou en mobilité fréquente.
  • Encadrement fiscal : les revenus générés sont déclarés comme en location meublée classique (régime micro-BIC ou réel selon le montant annuel).

Spécificités à bien connaître et pièges à éviter

  • Bail non renouvelable : à son échéance, le bail ne peut être ni reconduit ni prolongé. En cas de besoin, il faut signer un nouveau bail classique (de location meublée) ou libérer le logement.
    Toute reconduction d’un bail mobilité est nulle et peut entraîner la requalification du contrat en bail classique de 1 an (avec contraintes plus lourdes).
  • Usage strict : le bail mobilité ne peut jamais servir à contourner la législation sur la location touristique (type plateforme de courte durée) ou à proposer des logements en résidence principale hors cas de mobilité précisés par la loi.
  • Respect des diagnostics : le bailleur doit fournir les mêmes diagnostics techniques obligatoires que pour une location classique (DPE, plomb, amiante, etc.).
  • Clause contractuelle sur la situation de mobilité : le bailleur doit pouvoir produire les justificatifs fournis par le locataire (en cas de contrôle fiscal ou litige).

FAQ pratique sur le bail mobilité

Puis-je louer un logement nu avec un bail mobilité ?

Non, seule la location meublée est permise dans le cadre d’un bail mobilité. Le meublé doit répondre à la liste réglementaire d’équipements pour être éligible.


Un locataire qui signe un bail mobilité peut-il rester au-delà de 10 mois ?

Non. La durée totale du contrat ne peut excéder 10 mois. À l’issue, un nouveau bail mobilité ne peut être signé avec le même locataire pour le même logement — il faut alors conclure un bail meublé classique ou libérer les lieux.


Peut-on exiger un dépôt de garantie au locataire ?

Non, c’est formellement interdit par la loi. Le bailleur peut toutefois solliciter une caution ou imposer la souscription à la garantie Visale pour couvrir d’éventuels dommages ou impayés.


Le bailleur peut-il récupérer le logement en cas de besoin anticipé ?

Non, la durée du bail est fixée dès la signature. Le bail prend fin soit au terme prévu, soit sur congé anticipé du locataire (préavis d’un mois minimum). Hors résiliation pour faute grave, le bailleur attend l’échéance du contrat.


Quel régime fiscal s’applique ?

Les revenus du bail mobilité sont assimilés à ceux d’une location meublée classique :
- régime micro-BIC (abattement forfaitaire de 50 % sur les revenus annuels jusqu’à 77 700 € en 2024)
- ou régime réel (déduction des charges réelles, amortissement mobilier et travaux, sur option).
La même obligation déclarative s’applique.


Résumé : points clés à retenir

  1. Le bail mobilité vise exclusivement les publics en transition professionnelle ou académique — il n’est pas un bail temporaire “grand public”.
  2. Il ne peut être signé que pour un logement meublé, pour un durée comprise entre 1 et 10 mois (non renouvelable).
  3. Aucun dépôt de garantie n’est exigible, mais la garantie Visale sécurise bailleur et locataire.
  4. Parfait pour les étudiants en stage, les alternants, les missionnés ou stagiaires en mobilité, mais inadapté à la résidence principale durable.
  5. La vigilance s’impose sur le formalisme contractuel : mentions, justificatifs et inventaire mobilier sont impératifs pour éviter toute requalification.

Pensez à vérifier les conditions exactes sur service-public.fr ou à consulter un expert de la gestion locative avant signature pour sécuriser la démarche.

Pour retrouver d’autres tutoriels sur les différents baux, la fiscalité locative ou la gestion des transitions de locataires, rendez-vous sur immo-pratique.fr : guides pratiques, fiches synthétiques et retours d’expériences vous y attendent pour maîtriser toutes les formes de location en France.

Articles à lire aussi
immo-pratique.fr