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Location meublée touristique : réglementation et déclarations à respecter

Location meublée touristique : réglementation et déclarations à respecter

L’essor de la location meublée touristique en France : des règles précises à connaître

Depuis plusieurs années, la location meublée touristique (appelée aussi “meublé de tourisme” ou location saisonnière), portée par l'avènement des plateformes comme Airbnb, Abritel ou Booking, connaît une croissance spectaculaire. À côté des hôtels et chambres d’hôtes traditionnels, de nombreux propriétaires particuliers voient dans cette formule un moyen attractif de rentabiliser leur bien, offrant de la souplesse et des revenus non négligeables. Pourtant, la réglementation de ce secteur s’est densifiée, afin d’encadrer la concurrence, préserver l’habitat en zones tendues et protéger les locataires ainsi que le voisinage. Louer sa résidence principale ou un logement secondaire pour quelques jours, semaines ou mois ne s’improvise donc pas !

Il est essentiel de bien comprendre la distinction entre une location meublée de tourisme et d’autres formes de location :

  • Un meublé de tourisme est un logement meublé proposé à une clientèle de passage, séjournant pour une durée de quelques jours à quelques mois maximum, sans domicile chez le bailleur.
  • La durée maximale autorisée pour la location de la résidence principale est de 120 jours par an dans la plupart des grandes villes (comme Paris, Lyon, Nice, Bordeaux…).
  • La location doit se faire “de manière répétée, pour de courtes durées, à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile”.

Il ne s’agit ni d’une colocation, ni d’un bail d’habitation classique. Un meublé de tourisme peut être classé ou non, mais est soumis à une fiscalité et à des obligations précises.

Quelles démarches déclaratives pour louer un meublé touristique ?

Avant toute mise en location, le propriétaire doit s’assurer de respecter les formalités prévues par le Code du tourisme et le Code de la construction et de l’habitation.

Déclaration en mairie obligatoire

Depuis la loi du 7 août 2015 (loi ALUR et loi pour une République numérique), toute location meublée de courte durée doit faire l'objet d’une déclaration préalable en mairie du lieu du bien loué.

  • La déclaration se fait via le formulaire Cerfa n°14004*04 (pour une location non classée), ou n°13566*03 (pour un meublé classé tourisme).
  • Certains territoires rendent obligatoire l’obtention d’un numéro d’enregistrement à faire figurer dans les annonces, quel que soit le canal de diffusion.

L’absence de déclaration expose le loueur à une amende pouvant atteindre 5 000 €. Par ailleurs, dans plusieurs villes en zone tendue (Paris, Lyon, etc.), un contrôle automatique est mis en place.

Demande d’autorisation de changement d’usage

Lorsque le logement loué n’est pas votre résidence principale (par exemple un studio d’investissement ou une résidence secondaire), dans les villes de plus de 200 000 habitants et celles situées en zones tendues, une autorisation préalable de changement d’usage peut s’imposer.

  • Le bien passe d’un usage “d’habitation” à “commercial”, même temporairement.
  • L’autorisation est délivrée par la mairie ; elle peut être soumise à compensation (création d'un logement ailleurs sur le territoire).

À Paris, le changement d’usage est strictement encadré et obtenir la compensation peut s’avérer fastidieux.

Respect des règles de copropriété et d’urbanisme

Il ne suffit pas d’obtenir l'accord administratif pour louer en meublé. La plupart des appartements sont situés en copropriété. Le règlement de copropriété peut limiter voire interdire la location meublée touristique, surtout si le bien se trouve dans un immeuble d’habitation classique. Le non-respect expose à des recours des autres copropriétaires.

En maison individuelle, veillez également à ce qu’aucune restriction d’urbanisme n’exclut l’usage meublé saisonnier dans le quartier (PLU, servitudes sociales ou foncières).

Obligations envers les locataires : sécurité, contrats et informations

Le logement doit répondre à des critères de décence

  • Surface minimale de 9m2 par occupant et hauteur sous plafond réglementaire
  • Porte d’entrée et fenêtres en bon état, dispositifs de sécurité pour le gaz, l’électricité, détecteur de fumée
  • Mobilier suffisant pour la vie courante : literie, plaques, réfrigérateur, ustensiles, etc.

Contrat de location meublée saisonnière

  • Même si non obligatoire pour les séjours très courts, il est fortement conseillé de rédiger un contrat écrit où figurent : dates, prix, montant de la caution, conditions d’annulation, état des lieux d’entrée et de sortie, etc.
  • L’état des lieux est vivement recommandé, même pour un séjour de quelques nuits, en cas de litige ultérieur.

Le bailleur doit renseigner le voyageur sur les charges, le fonctionnement des équipements (internet, clefs), les consignes de tri sélectif ou de voisinage.

Déclarations fiscales et redevances locales

La fiscalité du loueur en meublé de tourisme

Les revenus issus de la location meublée saisonnière sont à déclarer à l’administration fiscale en tant que Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).

  • Le régime micro-BIC s’applique de plein droit si les recettes sont inférieures à 77 700 € par an : abattement forfaitaire de 50 % (ou 71 % pour les meublés classés).
  • Au-delà, le régime réel permet de déduire les charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, amortissements…)
  • La TVA reste exclue sauf prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, linge, ménage quotidien…)

À noter : si vous louez plus de 23 000 € par an et tirez de ce revenu la majeure partie de vos ressources, vous basculez dans la catégorie des “loueurs professionnels”, avec obligations comptables plus lourdes.

Taxe de séjour

  • Dans de nombreuses communes touristiques, le propriétaire doit collecter la taxe de séjour auprès des voyageurs et la reverser à la collectivité locale.
  • Les plates-formes de location peuvent la collecter directement pour le compte du propriétaire, mais il convient de bien vérifier la situation.

Sanctions encourues en cas de non-respect de la réglementation

Les manquements aux obligations déclaratives, à la fiscalité ou à la réglementation locale peuvent mener à des sanctions élevées :

  • Amende de 5 000 € pour location sans déclaration préalable.
  • 50 000 € pour non-respect du changement d’usage en ville réglementée.
  • Sous-déclaration ou non déclaration des revenus passible de redressement fiscal, intérêts de retard et pénalités.

Les gestionnaires professionnels et les plateformes sont également soumis à l’obligation de vérification, sous peine de sanctions.

Zoom : location saisonnière et résidence principale

La réglementation distingue la location de la résidence principale (120 jours de location maximum par an) de la location d’un logement qui ne constitue pas votre domicile. Dans le second cas, les règles d’autorisation sont considérablement renforcées, notamment à Paris, Nice, Lyon, Bordeaux, Strasbourg…

Attention, la résidence principale est définie comme celle occupée au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure.

FAQ pratique : tout savoir avant de se lancer

  • Faut-il avertir la copropriété ?
    Oui, si le règlement de copropriété limite l’usage d’habitation bourgeoise, la location meublée de courte durée peut être proscrite. Soyez attentifs aux clauses.
  • Le locataire a-t-il le droit de sous-louer en meublé touristique ?
    Uniquement avec l’accord écrit du propriétaire et en respectant la déclaration. À défaut, la sous-location expose à la résiliation du bail et à des sanctions.
  • Une maison individuelle en zone rurale est-elle concernée ?
    Oui, la déclaration en mairie reste obligatoire même hors des grandes villes, et la fiscalité s’applique dans tous les cas.
  • Comment savoir si ma ville exige un numéro d’enregistrement ?
    Renseignez-vous auprès de votre mairie ou du service urbanisme local, ou consultez le site officiel de votre commune. Paris, Bordeaux, Lyon, Nice, Annecy sont notamment concernés.

Bonnes pratiques pour louer en toute sérénité

  1. Renseignez-vous en amont sur les démarches imposées par votre mairie (déclaration, enregistrement, autorisation d’usage).
  2. Vérifiez la conformité du logement et adaptez votre contrat de location à chaque nouveau locataire.
  3. Recueillez auprès du locataire les pièces d’identité et informations utiles pour garantir la sécurité de la transaction.
  4. Respectez la collecte et la réversion de la taxe de séjour auprès de votre mairie.
  5. Veillez au bon voisinage : informez vos occupants des règles de cohabitation et de respect des parties communes.
  6. Déclarez toujours l’intégralité des revenus tirés de la location saisonnière à l’administration fiscale, même si vous êtes en micro-BIC.

En synthèse : anticiper, déclarer, sécuriser sa location touristique

La location meublée touristique offre de vraies perspectives de rentabilité et de liberté, à condition de respecter le cadre réglementaire qui entoure aujourd’hui cette activité. Entre déclaration en mairie, autorisation de changement d’usage, encadrement strict dans les grandes villes et obligations fiscales, la vigilance est de mise pour tout propriétaire-bailleur. Se conformer à la législation, c’est garantir la pérennité de son activité et éviter bien des tracas juridiques et financiers. Pour aller plus loin, retrouvez tous nos conseils, actualités réglementaires et guides pratiques sur immo-pratique.fr.

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